Les Français et le financement des association : une reconnaissance et un soutien qu’il faudra prendre en compte

Publié le 17 décembre 2007 en accès
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Un sondage exclusif CSA réalisé le 7 novembre 2007 pour le Crédit coopératif, Deloitte et In extenso, paru dans le Monde le 30 novembre à l’occasion du 2ème Forum national des associations et fondations, a révélé les opinions des Français quant au financement des associations.

Des financements jugés souvent ou parfois trop faibles

54% des personnes interrogées considèrent que les associations manquent parfois de financement pour mener à bien leurs missions, 30% qu’elles n’ont globalement pas les financements qui leur sont nécessaires. Au total ce sont 84% des Français qui considèrent que les associations sont en tension sur leurs moyens financiers. Ils nuancent leurs opinions selon les secteurs concernés en étant 53% à le penser pour les clubs sportifs, 67% pour les associations culturelles et d’animation de la vie locale, 71% pour les associations caritatives et humanitaires, et 87% pour les associations d’action sociale ou de santé.

Dans ce contexte particulièrement en phase entre les Français et les réalités des responsables associatifs, les personnes interrogées pensent, en ayant été informées des chiffres globaux par type de financeurs, à 56% que les entreprises privées lucratives devraient plus financer les associations, à 40% que les subventions publiques ne sont pas assez importantes. Ils jugent à 45% que ces dernières sont « justes comme il faut », preuve supplémentaire que le financement public des associations est jugé très largement légitime par les Français.

La reconnaissance du poids économique des associations

A 66% les Français pensent que le poids des associations dans l’économie française est important et qu’à l’avenir il progressera (42%) ou se maintiendra (40%). Cette perception du rôle économique important des associations témoigne de leur nouvelle visibilité pour toutes les activités quotidiennes au-delà des seules causes les plus connues. Plus intéressant encore, ils sont 47% à considérer que les services des associations sont moins chers que les entreprises privées lucratives, une petite minorité (8%) les jugent plus chers au regard notamment du nécessaire financement des missions sociales de l’activité.

Cette plus-value de l’activité socio-économique des associations est, selon les Français, le fait d’abord de l’usage du travail bénévole et de leur caractère non profitable. On retrouve là les fondamentaux de l’association qui ne sont pas considérées en majorité comme disposant d’avantages concurrentiels justifiés ou indus.

C’est pourquoi les Français sont favorables à la mise en place de dispositions fiscales particulières (20% pour toutes les associations, 58% pour certaines) ainsi qu’à la réduction des charges sociales (23% pour toutes, 53% pour certaines).

Un potentiel important de développement de la générosité du public

50/50, c’est le clivage entre les Français qui sont (28%) ou ont été bénévoles (22%) et les autres. Parmi les bénévoles repérés, ils sont 48% à exercer leur activité bénévole quelques heures par semaines et 32% quelques heures par mois. Les raisons invoquées pour avoir cessé l’activité bénévole sont dues à des questions organisationnelles (33% pas assez de temps, 33% changement vie de famille, 26% changement vie professionnelle), seulement 6% en ont eu une mauvaise expérience et 5% se plaignent de dépenses personnelles trop importantes. Les raisons invoquées pour n’avoir jamais exercé une activité bénévole ne font pas apparaître une opposition majoritaire au fait associatif, loin de là puisque seulement 18% jugent que le travail bénévole remplace le travail salarié ou ne se justifie pas « gratuitement ». On a donc 35% des Français qui pensent pouvoir être bénévole un jour, 33% de plus si l’occasion se présente.

Enfin, 65% des Français ont déjà fait un don auprès d’une association, une église, un parti ou un syndicat. Ils sont 50% à juger que les dons aux associations sont « juste comme il faut » et 40% qu’ils devraient être plus importants... cependant 74% pensent que ces dons devraient se maintenir ou même diminuer à l’avenir.

En conclusion, 71% des personnes interrogées font confiance aux associations contre 28% qui s’en méfient. Il est important de noter que cette confiance a été testée au moment de l’affaire de « l’arche de zoé » et que les Français n’ont naturellement pas jugé le million d’associations actives en France au regard de cette affaire.

- Pour en savoir plus : site du CSA et téléchargement de l’étude
- Le site du Forum des associations (déjà en ligne la conférence débat sur Philanthropie et capitalisme au Sénat le 29 novembre 2007)
- Voir également la publication du baromètre 2007 de la générosité en France (observatoire de la Fondation de France sur la base d’un sondage TNS SOFRES)



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