Ouverture du capital d’EDF : Pas fous, les "Zinzins" !

Publié le 18 novembre 2005 en accès
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Moins avertis que les investisseurs institutionnels, plusieurs millions de particuliers ont été abusés.

Le Réseau "Sortir du nucléaire" se désole de constater que des millions de particuliers ont été abusés, entraînés par une puissante campagne publicitaire, et ont fait l’acquisition d’actions EDF sans en connaître les risques réels.

A contrario, il est symptomatique de constater que les investisseurs institutionnels (les fameux "Zinzins"), beaucoup mieux avertis que les particuliers, ne se sont pas précipités, loin de là, pour prendre des participations dans EDF. Pas fous, les Zinzins !

En effet, diverses données, s’ajoutant au déficit colossal d’ores et déjà accumulé par EDF (au moins 40 milliards d’euros, sûrement plus), permettent de douter de l’avenir radieux d’EDF en bourse.

Voici les éléments principaux :

- Démantèlement et déchets radioactifs : un puits sans fond
La Cour des comptes a rendu en janvier 2005 un rapport édifiant sur "le démantèlement des installations nucléaires et la gestion des déchets radioactifs", montrant que le financement de ces opérations n’était pas assurés, particulièrement pour EDF qui ne dispose que d’un "embryon d’actifs dédiés par rapport à la masse à financer". On peut d’ores et déjà imaginer la chute vertigineuse des actions EDF en bourse lorsque la vérité va éclater. Le syndrome Enron va peut-être frapper...

- Les centrales nucléaires sont déficitaires
Contrairement à une idée aussi fausse que répandue, EDF a toujours perdu et perd encore de l’argent avec les centrales nucléaires : 99 millions d’euros de pertes en 2004. Ce sont le transport et la distribution de l’électricité qui sont (très) rentables : 1002 millions d’euros en 2004. Or, à court terme, EDF perdra ces activités au profit d’autres structures (en particulier RTE pour le transport).

- Les centrales nucléaires réservent de (très mauvaises) surprises
Les centrales, elles vieillissent, et plutôt mal : il faut changer beaucoup plus tôt que prévu les couvercles de cuve, les générateurs de vapeur. Les enceintes de confinement sont de plus en plus poreuses, etc. De nombreuses (très) mauvaises surprises sont vraisemblables... et certainement déjà connues d’EDF qui se garde bien d’en informer ses futurs actionnaires...

- Dérèglement climatique : les centrales de plus en plus souvent arrêtées
Les 58 réacteurs nucléaires français ne s’attaquent pas, comme on voudrait nous le faire croire, au dérèglement climatique. En réalité, c’est exactement l’inverse : tempête 1999 (inondation de la centrale nucléaire du Blayais qui a frôlé la catastrophe), canicule 2003 (de nombreuses centrales arrêtées, importations massives d’électricité). Le réchauffement climatique s’aggrave et va mettre de plus en plus souvent en échec les centrales nucléaires. Adieu rentabilité, veau, vaches, cochons... (Sans parler de l’éventualité d’une catastrophe nucléaire).

- Crash suicide sur une centrale nucléaire ou catastrophe accidentelle
Le futur EPR a la même particularité que tous les réacteurs nucléaires actuels : il n’est pas conçu pour résister à un crash suicide. De même, il peut occasionner une catastrophe accidentelle ou due à un évènement climatique. Certes, juridiquement, EDF n’aurait à payer que la ridicule somme de 700 millions d’euros (les milliards d’euros d’indemnisation étant payés par l’argent public, en vertu des conventions de Paris et de Bruxelles). Mais il est évident que l’activité industrielle nucléaire serait lourdement frappée. L’action EDF approcherait sûrement du zéro absolu...

En fin de compte, ceux qui ont de l’argent à investir feraient mieux de le mettre... n’importe où ailleurs que dans EDF et son nucléaire. Le mieux serait certainement dans les énergies renouvelables.

Important :

Le Réseau "Sortir du nucléaire" appelle désormais les citoyens à la vigilance la plus grande : pour assurer son avenir en bourse et les profits de ses actionnaires, EDF va tenter de se débarrasser sur l’Etat de ses responsabilités en matière de démantèlement des installations nucléaires et de gestion des déchets radioactifs.

Le tour de "passe-passe", d’ores et déjà mis en œuvre pour le site nucléaire de Marcoule (Gard), consiste pour EDF à verser une modeste somme (une "soulte libératoire") au "profit" du CEA, c’est à dire de l’Etat, c’est-à-dire des citoyens, qui se retrouvent alors définitivement responsables du démantèlement et des déchets !

La mobilisation citoyenne devra être à la hauteur pour empêcher ce "hold-up" historique.



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