Associations, coopératives : des missions d’intérêt général menacées

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Associations, coopératives : des missions d'intérêt général menacées

Garde d’enfant, insertion, sport : les coopératives, associations, mutuelles ou fondations salarient 2,4 millions de personnes en France. Fragilisées par les arbitrages budgétaires de l’État et des collectivités, les missions qu’elles exercent sont pourtant au cœur du quotidien de tous.

En Auvergne-Rhône-Alpes, la Chambre régionale de l’Économie sociale et solidaire a dû licencier près de la moitié de ses effectifs ces dernières semaines. Conséquence immédiate d’une décision prise par la Région en janvier : supprimer l’intégralité de sa subvention. ⅓ des ressources de la structure. Celle-ci doit donc renoncer à certains postes et actions. Et elle doit même consacrer au financement de ces licenciements une partie ce qui lui reste de ressources.

Depuis le début de l’année, les exemples comme celui-ci se multiplient. Partout sur le territoire. Le Mouvement associatif représente la moitié des associations a publié en avril une enquête auprès de 5 000 de ses adhérents. Trente pourcents disent qu’elles ont moins de trois mois d’exploitation couvertes avec leur trésorerie. Pour 6 % c’est zéro, aucun mois d’avance. 70% des associations employeuses estiment leur fond propre nul ou fragile. Un tiers envisage une réduction de leur masse salariale, soit en licenciant, soit en ne remplaçant pas les départ à la retraite.

On le comprend, à ces chiffres, les difficultés sont massives. Toutefois, pour l’Union des employeurs de l’ESS, l’UDES la nouveauté, c’est que cela touche tout le monde. Social, sport, culture, petite enfance ; plus aucun secteur n’est épargné. L’UDES estime que 400 000 emplois seraient menacés

Austérité

Après le covid, puis l’inflation, c’est une troisième crise que rencontre le secteur, celle provoquée par l’austérité. C’est-à -dire la baisse des budgets. D’abord ceux de l’État. Jeunesse et vie associatives, sport, aide publique au développement ; politiques de la ville, insertion par l’activité économique : tous sont en baisse. Sans compter une nouvelle réduction fin avril du nombre de contrats aidés.
Des baisses également dans les budgets des collectivités locales, avec lesquelles les associations travaillent beaucoup. La diminution des financements publics à une incidence très forte pour le secteur, Même si la part des subventions publiques est en baisse. 20 % aujourd’hui, contre 34 % en 2005. Le Mouvement associatif défend d’ailleurs la subvention face au développement de la commande publique. En 2024, un rapport du Conseil économique social et environnemental soulignait déjà la nécessité de sécuriser ces financements. "La subvention s’inscrit dans une logique de politique sociale déterminée de manière ascendante : les associations repèrent des besoins sociaux sur le terrain et sont soutenues par les pouvoirs publics à la fois dans leur fonctionnement et sur les projets qu’elles mènent. La commande publique, elle, est dans une logique totalement descendante : c’est l’État qui décide ce qu’il faut faire et qui ordonne aux associations les projets qu’elles doivent mener. Par ailleurs, la commande publique met en concurrence les associations entre elles, mais aussi avec des acteurs du secteur lucratif, au détriment d’une logique de coopération", note le rapport.

Des missions en danger

Les conséquences, ce sont des difficultés pour les structures en elle mêmes, mais aussi et surtout pour chacun d’entre nous tant l’économie sociale et solidaire est présente dans le quotidien, rappelle David Cluzeau, le président de l’Union des employeurs de l’ESS.

"Finalement, les baisses de financement ou subventions sont faites dans une logique pure d’économie, sans penser nécessairement l’impact social ou sociétal que peuvent avoir les actions qui aujourd’hui sont financées. Si demain, les associations n’ont plus les moyens d’accueillir les enfants dans des clubs sportifs, de les accueillir dans les accueils périscolaires après l’école ou pendant les vacances, de travailler sur l’accueil des jeunes enfants, clairement, il va falloir repenser par exemple la garde des enfants, la réinclure dans le cadre familial. Donc, c’est une rupture avec la solidarité nationale. Ce qui veut dire aussi que c’est une force d’emploi qui va revenir dans un giron domestique. Et donc, c’est aussi un empêchement pour l’économie. Dans les associations, c’est aussi un investissement stratégique pour l’économie française"

Les ressources publiques diminuent alors que les besoins eux augmentent, en particulier avec la dégradation économique et vieillissement de la population.

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