Sans logement, pas de vie possible. Sans égalité, pas de droit possible.

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Sans logement, pas de vie possible. Sans égalité, pas de droit possible.

Pour mon premier édito de l’année [1], le titre est un peu pompeux, voire grandiloquent. Et pourtant, c’est bien le ressenti à la lecture d’un certain nombre de positionnement d’acteurs cette semaine.
En premier lieu, celui du collectif des associations unies concernant la journée internationale de l’éducation. Le collectif militant des droits au logement nous indique que mi janvier, "4 605 personnes dont 1 340 enfants" n’ont pas eu de proposition par le 115, ce qui représente pourtant le point bas des demandes ET malgré tout +20% par rapport à l’année dernière. Situation donc catastrophique. Et le CAU nous interpelle également sur l’impossibilité (évidente) de suivre une scolarité dans cette situation, en s’appuyant sur l’exemple de St Etienne (42) dans laquelle le plan Grand Froid n’a pas été activé et dans laquelle ainsi, "40 enfants sur les 80 recensés" n’ont pas pu trouver de solutions d’hébergement. Comment aller à l’école quand on n’a pas dormi dans des conditions acceptables ? Tout cela est savoureux [2] quand on apprend par l’intermédiairedes associations Les Oubliés de la République et Le Collectif Les Morts de la Rue, qu’une proposition de loi visant à mettre en place un décompte annuel des personnes sans-abri par chaque commune est en cours d’étude par les sénateurs. Les associations indiquent donc qu’il n’y a aucune donnée quantitative ou qualitative concernant le sans abrisme, et donc une impossibilité à mettre en place des politiques publiques efficaces, alors que les associations constatent bien l’augmentation des sans abris et des risques encourus [3] par ces derniers.
Surprenant donc dans notre pays développé aux interventions publiques nombreuses que ces chiffres ne soient pas existants.

Le Conseil national des politiques de lutte contre la pauvreté et l exclusion sociale s’est prononcé sur les effets de la loi sur l’asile et l’immigration "Contrôler l’immigration, améliorer l’intégration". Son avis est assez tranché : "l’impact de ces mesures ne pourraient que contribuer à la pauvreté des personnes concernées, étrangers en situation régulière ou irrégulière dont les études disponibles, et notamment les rapports associatifs, montrent l’exposition à une très grande pauvreté ainsi qu’à une insécurité juridique préjudiciable à leur intégration sociale". Cela rejoint ainsi toutes les opinions exprimées par l’ensemble des acteurs intervenant auprès de ses publics et au delà.

Aujourd’hui avait lieu une mobilisation importante des agriculteurs dans plusieurs villes de France. A l’appel de leurs syndicats, ils ont dénoncé leurs conditions de travail, de revenus,... Composés d’agriculteurs, les CUMA ont ainsi apporté leur soutien en tant qu’organisation agricole. Son président exprime le positionnement des CUMA aux côtés des agriculteurs et l’apport de ces dernières pour soulager les agriculteurs, tout en précisant que cet apport n’est jamais pris en compte. A côté des revendications sectorielles, un exemple de croisement intéressant entre métier et ESS.

Bonne lecture,
Bienvenue à celles et ceux qui nous ont rejoint,
Bonne fin de semaine.

Guillaume Chocteau

[1Oui oui, je n’ai pas pu en faire depuis la reprise

[2Ironiquement, bien entendu

[3"être sans-abri réduit l’espérance de vie de 30 ans"

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Sans logement, pas de vie possible. Sans égalité, pas de droit possible.

Pour mon premier édito de l’année [3], le titre est un peu pompeux, voire grandiloquent. Et pourtant, c’est bien le ressenti à la lecture d’un certain nombre de positionnement d’acteurs cette semaine....

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