Les plus pauvres, oubliés des annonces du Président de la République ?

Publié le 13 décembre 2018 en accès rserv aux abonn.e.s
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En réponse aux mobilisations sociales, le Président de la République a annoncé des mesures positives en faveur du pouvoir d’achat des salariés au SMIC ou qui font des heures supplémentaires. Ces annonces répondent aussi aux inquiétudes légitimes des retraités modestes qui étaient pénalisés par l’augmentation de la CSG déjà décidée en début de quinquennat.

Les associations de solidarité s’inquiètent cependant de l’absence de mesures de soutien du pouvoir d’achat des millions de personnes précaires, allocataires du RSA, chômeurs de longue durée, travailleurs pauvres qui subissent de plein fouet les effets de la crise économique et de la vie chère. Nous avions déjà alerté sur l’absence de mesure significative concernant le pouvoir d’achat des plus précaires dans la stratégie pauvreté qui ne prévoyait pas en particulier de revalorisation du RSA.

Les personnes en situation de pauvreté ont vu depuis un an et demi leurs conditions de vie se dégrader du fait notamment de la baisse des APL et de la quasi disparition des contrats aidés. Leurs attentes et leurs souffrances quotidiennes sont restées sans réponse. Ce phénomène va s’aggraver avec la désindexation de plusieurs prestations sociales et familiales prévue par les lois de finances 2019.

Le Président de la République affirme vouloir répondre aux urgences sociales et économiques du pays en fondant un nouveau contrat social : il doit pour cela engager une grande politique de soutien aux salariés modestes sans oublier les plus pauvres. Pour ces derniers, cela passe par la ré-indexation des aides sociales sur l’inflation, la revalorisation des aides au logement qui aident les ménages modestes à payer leur loyer, la revalorisation du RSA et son extension aux jeunes pour améliorer le reste à vivre des personnes les plus vulnérables. De même nous souhaitons que la revalorisation annoncée de la prime d’activité bénéficie à tous les travailleurs pauvres même lorsqu’ils sont à temps très partiels.

La progression du nombre de personnes et familles à la rue est également une forte préoccupation du mouvement social qui demande des mesures d’urgence en faveur des personnes sans domicile fixe. Cela suppose d’augmenter la production de logements très sociaux réellement accessibles aux ménages modestes et l’arrêt des économies réalisées sur les centres d’hébergement les plus qualitatifs (CHRS).

La lutte contre les inégalités pose inévitablement la question d’une plus juste contribution de chacun -en fonction de ses ressources et patrimoine- au financement des politiques de solidarité. Il serait inacceptable que les mesures d’ores et déjà annoncées soient financées par d’autres baisses de dépenses sociales touchant les plus modestes.

Enfin, l’élaboration d’un nouveau contrat social suppose aussi de s’appuyer sur la participation des personnes qui vivent l’exclusion au quotidien à la consultation nationale et territoriale qui s’engage.


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