Si l’associatif a toujours entretenu un rapport ambivalent avec les réseaux sociaux, leur radicalisation vers l’extrême droite sous l’influence de leurs dirigeants pose plus que jamais la question de l’investissement de ces plateformes. Prenant acte de ce changement, nombre de journaux, d’associations, de politiques, de collectivités… ont déjà décidé de quitter X/Twitter et se posent la question pour Facebook. Alors, partir ou rester ? Et au-delà, comment modifier nos possibilités d’échanger numériquement ? Retour sur les enjeux de cette question et les arguments qui nourrissent ce débat.
En 2023, un collectif français a lancé la plateforme HelloQuitteX afin d’encourager et de faciliter le départ de X/Twitter vers Mastodon et Bluesky, deux autres réseaux sociaux. Suite à la victoire de Donald Trump à l’élection présidentielle de 2024 au terme d’une campagne marquée par le mensonge et la violence verbale, le collectif a lancé un appel à réaliser un transfert de compte avant le 20 janvier 2025, date de l’investiture présidentielle. L’initiative a largement dépassé les frontières hexagonales et rencontré un certain succès auprès des figures progressistes. Mais elle a surtout placé dans l’espace public la question de rester ou pas sur des plateformes dorénavant ouvertement politisées à l’extrême droite.
Une question particulièrement aiguë pour l’associatif partout dans le monde et en Belgique. L’associatif belge est structurellement porteur d’une vision progressiste et humaniste, engagé de longue date dans la construction d’un modèle de société à l’opposé des valeurs défendues aujourd’hui par les patrons des réseaux sociaux.
