L’A.N.D.E.S. lance une pétition, pour défendre le modèle et les valeurs des épiceries sociales et solidaires

Publié le 21 novembre 2013 en accès
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Cette pétition vise à interpeller l’Etat sur la place des épiceries sociales et solidaires dans les dispositifs publics de soutien à l’aide alimentaire.
Elle fait suite à l’article 21 du texte réglementaire du Fonds Européen d’aide aux Plus Démunis, qui stipule que « l’assistance alimentaire et/ou les articles d’assistance matérielle de base sont fournis gratuitement aux personnes les plus démunies, sans exception. »

Le FEAD, qui sera mis en oeuvre en 2014, interdit donc tout forme de participation financière des bénéficiaires sur les produits issus de l’aide européenne.
Cette disposition remet en cause le fondement même des épiceries sociales et solidaires

La précarité alimentaire et matérielle touche des catégories de plus en plus larges de la population européenne. L’aide alimentaire concerne des personnes auparavant considérées comme « insérées » dans la société et dans le monde du travail : travailleurs pauvres, bénéficiaires de minima sociaux, familles monoparentales, étudiants et retraités pauvres.

Pour faire face à cette banalisation de la précarité, le modèle des épiceries sociales et solidaires s’est fortement développé depuis 30 ans, autour de deux principes forts : le libre choix, et la participation financière symbolique, fixée entre 10% et 30% de la valeur « réelle » des produits.

Cette participation s’inscrit dans un souci de respect de la dignité et de l’autonomie des personnes. Le fait de choisir librement les produits dans les rayons et de les payer, comme n’importe quel « client », même à un prix symbolique, affranchit les personnes d’un sentiment de dépendance. Il permet d’inscrire les personnes dans une véritable dynamique de droit commun. Et d’éviter, autant que possible, un sentiment de « déclassement » et de stigmatisation. Les économies réalisées sur le budget alimentaire sont affectées par les personnes dans un projet d’insertion sociale : reprise du paiement d’un loyer pour éviter l’expulsion, soins de santé (optique, dentaire), règlement d’un dette d’énergie etc.

Notre souhait n’est nullement de remettre en cause la gratuité de l’aide alimentaire, qui est absolument nécessaire pour les personnes sans aucune ressource. Mais bien de mettre en lumière la nécessaire coexistence des principes de gratuité et de contribution financière, afin de répondre au mieux à la diversité des publics touchés par la pauvreté en France.
Il existe aujourd’hui plus de 600 épiceries sociales et solidaires en France, qui travaillent en partenariat étroit avec les collectivités territoriales, les services de l’Etat, les associations, les fondations et les entreprises.

Aidez-nous à préserver les valeurs de notre réseau.

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