Edito de Hugues TOUSSAINT dans Bio Consom’info n°20

Publié le 2 février 2009 en accès
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Dans une allocution devant le Grand Conseil d’orientation de l’Agence Bio le 12 septembre 2007, le ministre de l’agriculture Michel Barnier réaffirmait son intérêt pour l’agriculture biologique et son ambition de lui donner une forte impulsion. « J’estime qu’un développement harmonieux et solide de l’agriculture biologique nécessite une vision à long terme des politiques publiques à mettre en œuvre. Il faut non seulement que les agriculteurs qui hésitent à se lancer dans ce mode soient aidés pour se convertir. Mais il faut surtout que le signal soit clair et stabilisé sur les conditions de leur métier à long terme, une fois le pas franchi. ».

Alors que les chiffres 2008 ne sont pas encore officiellement connus, il semble que, après une baisse constante depuis cinq ans, le nombre de conversions de paysans et de terres en bio soit de nouveau en hausse. Même si les objectifs d’atteindre en 2012 les 6% de production bio prévus par le Grenelle de l’Environnement sont encore loin d’être atteints, cette reprise, même encore fragile, est encourageante.

C’est pourquoi, le projet soutenu par le Conseil général des Yvelines d’implantation d’un circuit de Formule 1 sur les communes des Mureaux et de Flins-sur-Seine est totalement scandaleux. En effet, il prévoit la destruction de terres agricoles initialement destinées à un grand projet d’agriculture biologique maraîchère et céréalière pour la région Ile de France qui ne compte actuellement que 0,78% de terres cultivées en bio !! Sans compter la pollution atmosphérique et les nuisances sonores à des kilomètres aux alentours du site. Alors que le ministre, dans son même discours de 2007, considérait que « l’agriculture biologique, respectueuse de l’environnement, s’inscrit pleinement dans les trois composantes du développement durable (environnement, économie, société) » un tel projet serait une aberration tant du point de vue environnemental qu’économique et social. http://www.collectif-flinssansf1.org

Présentant le 30 avril dernier le texte de loi d’orientation du Grenelle de l’environnement, le ministère de l’Ecologie, Jean-Louis Borloo estimait que le gouvernement a "tenu le pari de mettre dans une loi les engagements et les conclusions du Grenelle" et s’engageait à réduire de moitié les usages des pesticides en 10 ans, le but étant de "généraliser les pratiques agricoles soutenables et productives". A cette fin le texte stipulait que les 30 produits phytopharmaceutiques "les plus préoccupants" seraient retirés du marché d’ici fin 2008.

C’est sans doute pour répondre à cet engagement qu’en novembre 2008 son collègue de l’agriculture autorisait l’insecticide Cruiser pour la campagne de maïs 2009. Alors que la Confédération paysanne faisait part de ses fortes réserves « sur le protocole de suivi de l’expérimentation de cet insecticide d’enrobage des semences tant sur la méthode que sur les résultats obtenus », et estimait qu’il aurait été préférable « de faire évaluer sérieusement l’impact de la matière active du Cruiser (le thiamétoxan) », le ministère actait la diffusion et la commercialisation de cet insecticide. Sachant qu’en 2008, les semences enrobées au Cruiser représentaient une surface semée de 154 000 ha, les populations d’abeilles, qui ont résisté aux Gaucho et autre Régent aujourd’hui interdits grâce aux actions des apiculteurs et des consommateurs, vont continuer à diminuer dramatiquement pour le plus grand profit des firmes agrochimiques et au détriment de la survie des abeilles, de l’environnement et de la santé des consommateurs.

Et ce, alors même que la DGCCRF publie, en ce début d’année 2009, les chiffres confirmant une tendance à la hausse en 2007 des résidus de pesticides dans les productions végétales conventionnelles. Ainsi, 52,1 % des fruits et légumes en moyenne (41,3% des légumes et 70,3% des fruits) en contiennent contre 45 % en 2006. Et 7,6% d’entre eux voient la Limite Maximale en Résidus dépassée, soit une progression de plus de 26% !! Quant aux céréales, ils pointent en tête du palmarès en termes de progression de résidus de pesticides avec 8,2 % de non-conformité avec la réglementation sur les 282 échantillons testés contre 0,4% en 2006 soit une progression record de 205%. Pour ceux qui en doutent encore, cultiver et consommer bio s’avère chaque jour indéniablement plus nécessaire pour notre environnement et notre santé.



1 Message

  • j’ai lu mais je n’arrive plus à remettre la main sur l’article que le fasicule bio-consom’acteurs a été créé en partie et au départ à l’aide d’une étudiante en économie sociale et solidaire par le biais d’un mémoire. je souhaite avoir les coordonnées de cette personne.

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