Pour mieux accompagner la triade mère/père/bébé, créons une prestation familiale légale « périnatalité »

Publié le 9 octobre 2019 en accès réservé aux abonné.e.s
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Nous connaissons parfaitement aujourd’hui les conséquences des dysfonctionnements du lien mère/père/bébé sur le développement de l’enfant, sa bonne santé et celle des générations à venir. Parmi ces troubles de l’interaction, rappelons que la dépression du post partum à elle seule touche plus de 80 000 femmes chaque année. De ce point de vue, la situation sanitaire de la France est particulièrement mauvaise.

La société toute entière a besoin d’un soutien public dédié aux modalités d’intervention préventive prévenante en période périnatale, et de soins psychiques adaptés, coordonnés et gradués apportés à la triade mère/père/bébé.

Un certain nombre de ces dispositifs ont déjà fait leurs preuves et doivent être développés comme les unités de soins parents/bébé. Il en est de même de l’accompagnement au domicile des familles par les techniciens et techniciennes de l’intervention sociale et familiale (TISF), effectué lors des mille premiers jours de l’enfant.

Engagée dans la création de ces services d’aide à domicile spécialisés en psypérinatalité et forte de leur reconnaissance acquise ces dernières années auprès des acteurs de la parentalité, de la périnatalité et de la pédopsychiatrie, la FNAAFP/CSF a conscience de leur trop faible nombre et d’une méconnaissance de leur existence par les familles.

C’est pourquoi il est désormais nécessaire de développer ce type d’accompagnement pour mieux répondre aux besoins des familles souvent seules en sortie de maternité, et ainsi mieux prévenir les difficultés du lien parents /bébé. Pour ce faire, nous proposons d’instaurer une nouvelle prestation légale « périnatalité ».

Au-delà d’un soutien à la parentalité à domicile de qualité effectué par des professionnel-le-s TISF formé-e-s, cette prestation en nature de 20 heures d’intervention permettrait de réaliser un diagnostic sur la qualité du lien entre les parents et leur bébé, de prévenir les troubles relationnels, et d’orienter dans un deuxième temps les familles vers d’autres dispositifs si nécessaire.

Cette prestation gérée par la branche famille de la sécurité sociale permettrait en particulier :
- de sortir l’aide à domicile d’une vision étriquée d’action sociale « extralégale » dont les financements sont par nature non pérennes ;
- de rendre légal et donc universel un dispositif qui a prouvé toute sa pertinence dans la prévention de la dépression du post partum, et plus largement dans la lutte contre les fragilités maternelles ;
- de supprimer tout reste à charge des familles bénéficiant d’un accompagnement à domicile en sortie précoce de maternité, comme c’est le cas durant le séjour en maternité ;
- de considérer l’intervention sociale périnatale comme une priorité de la société tout entière en l’identifiant comme une composante du soin psychique.

Le lancement du chantier porté par Adrien Taquet sur les « 1000 premiers jours de l’enfant » doit permettre, nous l’appelons de nos vœux, la prise en compte de notre proposition de prestation légale par les pouvoirs publics dans les mois qui viennent.

Proposition de la FNAAFP/CSF : Pourquoi une nouvelle prestation familiale légale « Périnatalité » ?

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