Création d’un réseau de coopératives dans les prisons et de la Confédération nationale des familles de détenus et Associations

Publié le 26 septembre 2011 en accès
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Nous avons décidé de créer une structure à deux branches pour rassembler, unir, organiser et mettre en mouvement cette « immense armée immobile, impuissante et désorganisée ».

Préambule. Les personnes détenues, les ex-détenus, les familles et Amis, le tissu associatif, les intervenants, les Personnels, les Aumôniers, des citoyens, des entrepreneurs, des élus, des avocats, des journalistes et des chroniqueurs agissent partout localement et au plan national. Et pourtant, rien ne se structure, chacun fait selon ses moyens, avec grand c ?ur. La charité tient toujours lieu de politique, alors que c’est d’un véritable management social moderne et dynamique dont on a besoin aujourd’hui. Pourquoi est-on face à cette immense « armée immobile et impuissante », incapable de faire regagner à la France la première place européenne qu’elle mérite en matière de respect des droits de l’homme depuis plus d’un siècle. Pourquoi ?

AUSSI, nous avons décidé de créer :

I. la Confédération Nationale des Familles de Détenus et Associations (CNFDA)
La CNFDA aura pour rôle et pour mission l’assistance aux familles, la coordination des actions avec les associations, branche d’activité par branche d’activité, être le partenaire des élus nationaux et territoriaux, de l’État et du Gouvernement dans les concertations, les discussions et comme force de propositions constructives. La CNFDA portera à la connaissance des élus et de l’administration tous les dysfonctionnements constatés un peu partout et mettra en demeure d’y remédier le plus rapidement possible. L’objectif est d’obliger les Élus, l’État et le Gouvernement à respecter dans leurs droits et dans leur dignité les personnes détenues, les familles et Amis en tant que citoyens régis par le droit commun français et européen.
La CNFDA organisera des événements, des manifestations, des rencontres, des réunions thématiques, non pas à l’attention des seuls chercheurs et universitaires mais au contraire destinés aux élus et à tous les citoyens, ouvrira des lignes téléphoniques et éditera des ouvrages pratiques destinés aux familles, aux enseignants, aux travailleurs sociaux, à la presse et aux médias.
La CNFDA favorisera toutes les initiatives de nature à favoriser des relations dynamiques et de partenariat entre les personnes détenues, les familles, les Personnels, les Intervenants dans les établissements en ce qui concerne l’accompagnement, le suivi, la réparation, la réinsertion et la réhabilitation. C’est donc avant tout un rôle politique et juridique qu’entend jouer la CNFDA à l’échelle nationale, en relation étroite avec les institutions européennes et internationales.

II. Les Coopératives de gestion économique et d’accompagnement dans les prison et les autres lieux d’enfermement
Elles seront gérées par les Personnels, les partenaires sociaux, les intervenants dans les prisons, le secteur associatif et des élus locaux, qui auront en charge la gestion de toute l’activité économique : Achats des détenus, cuisines, activités socioculturelles et citoyennes, formations, ateliers de production, etc., l’amélioration des conditions d’existence, l’amélioration des conditions de travail des personnels, ainsi que l’appui aux Conseillers d’insertion pour la prise en charge, l’accompagnement et le suivi des personnes en détention et celles sortantes de prison, et des familles. Seule l’économie sociale et solidaire peut et doit trouver sa place dans les prisons. Les entreprises privées doivent pouvoir travailler avec les prisons, mais pas dans les prisons.
Les coopératives permettront également la création et le développement de synergies locales avec le tissu économique et les bassins d’emplois d’une part, et la création d’un fonds de péréquation interétablissements pour que les plus petits d’entre eux ne soient pas défavorisés en matière d’initiatives pour la réinsertion et l’accompagnement, les conditions d’existence et les conditions de travail d’autre part.

Vers la responsabilisation et l’autonomisation :
Pour une économie sociale et solidaire dans les prisons

Nous avons fondé notre réflexion sur un constat : Partout en France et dans le reste du monde, dans tous les secteurs, des citoyens organisent la résistance : les petits producteurs agricoles, le rejet des OGM, une autre mondialisation, des étudiants en commerce de plus en plus nombreux à rejoindre l’économie sociale et solidaire et le commerce et le tourisme équitables, et tant d’autres exemples. Et, désormais, la naissance d’une résistance avec et par les personnes détenues, leurs familles et amis et sympathisants pour dire non à la relégation, oui à la réhabilitation, non à la punition qui détruit, oui à la sanction qui répare, oui à la dignité et à la responsabilité.

Il conviendrait que les élus et les Responsables politiques et administratifs prennent la mesure de ce vaste mouvement qui s’amplifie chaque jour sous leurs yeux et soutiennent ce mouvement coopératif et mutualiste face à une mondialisation financière qui ne permettra bientôt plus au plus grand nombre de vivre décemment. L’évolution et le progrès social, économique et culturel doivent conduire les dirigeants à intégrer d’urgence et massivement l’économie sociale et solidaire dans le système économique actuel.

La coopération et le mutualisme sont la seule possibilité pour infléchir une économie de prédateurs financiers. Les dirigeants politiques peuvent restaurer la confiance en incitant activement les citoyens à se grouper, à coopérer et à mutualiser, à mettre en commun leur savoir-faire, leur génie et leurs compétences pour développer des activités économiques à vocation sociale sur tout le territoire national, dans toutes les structures de la société, chacun à son niveau de connaissance et de compétence. Au-delà de l’aide financière apportée par l’État sous la forme d’allocations, il nous paraît indispensable d’accompagner les personnes et les familles vers la responsabilisation et l’autonomisation par l’activité économique, en fonction des capacités de chacun. La réappropriation de sa propre vie et de son autonomie est une étape incontournable qui conditionne la réussite des suivantes.

Hervé BOMPARD-EIDELMAN



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