Taxer la finance ou ponctionner les retraites : Nicolas Sarkozy a choisi

Publié le 1er juillet 2010 en accès
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Trois jours après avoir annoncé avec Angela Merkel qu’il demanderait au G20 la mise en place d’une taxe sur les transactions financières, Nicolas Sarkozy a clairement confirmé pour qui il gouverne réellement : les détenteurs du capital ne cachent pas leur satisfaction à l’annonce d’un projet de réforme des retraites qui comble leurs attentes. Ainsi le Medef a déclaré que cette réforme constitue « un grand pas en avant », tandis que selon Bercy, « l’évaluation de la réforme par les agences de notation financière ne peut être que positive ».

Nicolas Sarkozy est un spécialiste reconnu du double langage. Si le dimanche est propice aux tirades contre les dérives du capitalisme financier, les autres jours de la semaine il cherche à « rassurer les marchés » en réduisant les dépenses sociales. Il prétend faire une réforme courageuse et responsable : mais au sommet européen qui se tient aujourd’hui à Bruxelles, lui et ses collègues chefs d’État et de gouvernement s’apprêtent à entériner une politique irresponsable, qui laisse la spéculation libre de ses mouvements et enfonce l’économie européenne dans la dépression.

Peu importe que la réforme des retraites touche de plein fouet les salariés les plus exploités, et principalement des femmes : le choix de repousser l’âge de départ à la retraite à 62 ans est dicté par un seul impératif, celui de montrer aux spéculateurs la détermination de la France à réduire vite son déficit public sans écorner les revenus financiers. En effet, en réduisant le montant des retraites (car il est impossible de faire travailler plus longtemps les salariés âgés au moment où le chômage s’enracine), la France va économiser 20 milliards d’euros d’ici 2020. La mise à contribution des contribuables aisés et des entreprises (3,5 milliards) est en revanche symbolique au regards des cadeaux fiscaux généreusement distribués aux mêmes depuis dix ans, et ne devrait en rien effrayer les rentiers.

Le double langage a toutefois atteint ses limites, et plus personne n’est dupe. Les salariés, les retraités, les citoyens vont se mobiliser de plus en plus nombreux contre cette réforme inique. Avec eux, Attac continuera d’exiger une réforme véritablement juste des retraites, qui s’attaque au tabou de la répartition des richesses.

Au lieu de vouloir à tout prix "rassurer les marchés", il est temps de les mettre au pas et d’arrêter cette spirale de l’austérité qui s’abat sur l’Europe. Il est temps de prendre des mesures énergiques de réglementation et de taxation des revenus du capital et des transactions financières. Il faut faire payer aux spéculateurs et aux rentiers les déficits qu’ils ont provoqués par leur crise financière, et dégager en outre les nouvelles ressources urgentes au plan global pour financer la lutte contre la pauvreté et le réchauffement climatique.


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