L’ONU est le meilleur ami des coopératives ! Vraiment.

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L'ONU est le meilleur ami des coopératives ! Vraiment.

Avant de parler de l’actualité, parlons de mon actualité. Depuis 2 semaines, je suis en retard dans la lecture de mes mails. Les RP presse me trouvent de mieux en mieux, le mois de l’ESS et la semaine de la finance solidaire ont du compléter cette vague de mails reçus. Pour la première fois en 20 ans que je fais cette veille, j’ai plus de 150 mails de retard (Après premier tri !). Et la "digue" que je me mettais de ne pas dépasser les 5 articles par jour sur l’ESS a été stratosphérisée [1] pour tenter d’absorber le flux tout en gardant un peu d’hétérogénéité dans les approches de sujets. Compliqué, mais efficace puisque le site accueille plus de 15000 lecteurs par semaine. Pour un petit site, sans aucun soutien financier [2], sans aucun soutien institutionnel, reposant juste sur son contenu [3] et les dizaines d’heures hebdomadaires de son animateur, je trouve que le résultat est plutôt significatif. Et vos retours réguliers ne font que me conforter dans cette idée. Merci à vous chers lecteurs.

Bref, passons à l’actualité. L’Assemblée générale des Nations unies a de nouveau adopté une résolution appelant à ce que 2025 soit année internationale des coopératives. Comme en 2012, l’organisation mondiale reconnait et promeut ce modèle d’entreprises dans lequel les salariés et les usagers se retrouvent aux manettes de leur destinée. Les coopératives sont un levier d’émancipation et de développement économique. L’OIT l’avait reconnu également il y a peu. Le vent est porteur pour les coops et c’est tant mieux. La résolution va plus loin que la "simple" reconnaissance des vertus de la coopération, mais incite les Etats membres à modifier les législations pour faciliter leur développement : "plus propice à la création et à la croissance des coopératives en améliorant les lois et réglementations existantes et/ou en en établissant de nouvelles, en particulier dans les domaines de l’accès au capital, de l’autonomie, de la compétitivité et de la fiscalité équitable". Une vraie reconnaissance pour les représentants de la coopération, au premier rang desquels COOP Fr en France.

Passons à une échelle plus petite, mais à un débat tout aussi intéressant, même si le citoyen a un pouvoir très relatif sur ce dernier. Le débat est lancé par Jérôme Saddier, président d’ESS France [4] : celui de la collectivité en charge de l’ESS. Il se fait le relais du RTES en particulier, qui conteste la seule compétence ESS aux régions, alors que les départements et les regroupements de communes sont aussi, et souvent, de vrais leviers et acteurs de l’ESS dans la sphère publique. D’autres sujets tout aussi croustillants sont abordés dans ce très bon article, comme les "social impact bonds", la révision de la loi de 2014 ou encore l’avancée du non lucratif sur des secteurs où il était totalement absent auparavant comme les services à la personne. Cela fait d’ailleurs penser au dernier livre de Mathieu Hély et Maud Simonet qui pose la question du rapport du milieu associatif au néolibéralisme. Le livre pose par exemple la question du "caring capitalism" que ne renierait probablement pas les tenants de l’entrepreneuriat social affirmé.

Vous recevez cette lettre une semaine après l’horrible "black friday", mais 4 jours avant le "giving tuesday", événement valorisant celles et ceux, qui font preuve de générosité le jour J avec le hashtag #GivingTuesday et/ou qui agissent toute l’année. La fête de l’altruisme en quelque sorte ! Ce n’est que du bonheur à honorer le geste gratuit, coopératif, bienveillant, vers celles et ceux qui ont besoin. Alors le 28, n’oubliez pas de faire un geste et de le communiquer pour que cela donne des idées, des envies et que le monde aille mieux... #unpeudespoir

Samedi, c’est la journée internationale pour l’élimination des violences faites aux femmes. Bien entendu, les femmes ne subissent pas les violence que dans le monde du travail, mais cela reste un endroit privilégié pour les violences de différents types. Les syndicats, réunis aussi et avec d’autres au sein du collectif de la Grève Féministe, souhaitent marquer l’occasion et réaffirmer une certain nombre de revendications à destination des acteurs du monde du travail. Et pour cela, ils s’appuient sur quelques chiffres effroyables : "30% des salariées ont déjà été harcelées ou agressées sexuellement sur leur lieu de travail", "70 % de ces victimes de violences au travail déclarent n’en avoir jamais parlé à leur employeur" et "40 % estiment que la situation s’est réglée en leur défaveur, par une mobilité forcée voire un licenciement" [5]. Parlez en entre vous, discutez, échangez, il faut que la peur change de camp.

Bonne lecture,
Bonne fin de semaine.

Guillaume Chocteau

[1Ne cherchez pas, le mot n’existe pas

[2Hormis vos abonnements, pardon

[3Et le bon travail de la SCOP qui la rafraichît en début d’année, ACCOLADE !

[4Entre autres, mais c’est à ce titre là qu’il intervient

[5Pour celles qui ont parlé

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