Stop au séparatisme entre écologie et économie

Publié le 12 novembre 2018 en accès réservé aux abonné.e.s
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Il y a urgence à intégrer les objectifs démocratiques et sociaux aux enjeux écologiques.

Ce qui est étonnant voire inquiétant aujourd’hui, c’est l’approche morcelée, osons le dire « explosée » de la politique. Comme si chaque sujet devait demeurer cantonné en évitant toute contamination de l’un par l’autre. Comme si les réponses aux enjeux fondamentaux devaient recevoir des réponses ciblées. Bref, comme si la politique ne pouvait être efficace qu’au coup par coup, dossier après dossier.

Observez comment la finance a été séparée de l’économie ; en apparence mais aussi en réalité, la seconde s’éloignant de la première. Ou comment le combat contre la crise climatique est devenu spécifique bien qu’officiellement englobé dans la problématique et les objectifs de développement durable ; les défis technologiques, environnementaux, sociaux, économiques recevant des réponses le plus souvent compartimentées.

Le cas du séparatisme entre écologie et économie dans les accords ou dispositifs internationaux est par exemple flagrant. Sur le plan international, les accords de Paris sur le climat semblent de peu d’intérêts vus sous l’angle de l’Organisation mondiale du commerce. Dans la plupart des pays d’Europe, les politiques nationales souffrent du même type de cloisonnement. D’où une perception floue et plus encore négative, si ce n’est répulsive de la politique qui n’apparaît plus capable d’envisager « la cité » comme un tout. Plus à même non plus de proposer une vision cohérente, durable de ce qui est proposé.

L’urgence est de relier les différents sujets, qu’ils soient sociétaux, environnementaux, civiques, économiques et financiers. Par exemple en osant changer le modèle économique pour rendre accessibles les objectifs de toute politique de lutte contre les dérives climatiques. Les mesures « pratiques » n’ayant guère de chance d’être réellement mises en œuvre si une nouvelle logique économique et financière n’est pas simultanément mise en œuvre. Notamment en donnant plus de place au(x) modèle(s) intégrant concrètement des objectifs démocratiques et sociaux aux objectifs écologiques.

L’économie sociale et solidaire, qui concerne déjà plus d’un milliard de personnes dans le monde, étant l’un d’entre eux, le plus porteur de changements. Celui aussi d’autres entreprises engagées dans une approche pérenne de type responsabilité sociale, civique et environnementale. La politique ne ré-intéressera l’ensemble de « la cité » qu’en tenant compte de tous les enjeux, en donnant une cohérence forte aux réponses les plus innovantes.

Par Thierry Jeantet, président du Club de Réflexion Mars, président d’ESS Forum international (ESSFI) — 2 novembre 2018



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