Réponse : La revue de la Mutualité interprofessionnelle

Publié le 19 septembre 2004 en accès
Commentaire(s) :

Chacun pourra faire les comparaisons qu’il veut à partir de ce dossier. Pour ma part, je ne voudrais pas comparer mais tirer quelques enseignements. Tout d’abord - nous le savions déjà - chaque système vit de réformes en réformes. La France est peut-être moins radicale dans ses réformes. On peut le regretter.
Deuxième remarque, dans notre pays, la part du PIB allouée à la santé est plus élevée qu’en Grande-Bretagne mais moins qu’en Allemagne. Le gouvernement britannique considère qu’il faut augmenter les ressources du système, donc augmenter les dépenses, pour remédier à ses défauts ; les allemands, au contraire, veulent réduire ces dépenses. On peut penser que nous sommes à un étiage à peu près satisfaisant ; encore faut-il maîtriser la croissance des coûts.

Je remarque aussi que, chez nos deux grands voisins, un effort est demandé aux patients. En Grande-Bretagne, par exemple, le parcours du patient est balisé et obligatoire (1) ; en Allemagne le parcours est également balisé, moins qu’en Angleterre mais tout de même. Autre point fort, qui est notre point faible : la politique de prévention est très développée dans ces deux pays.

Je voudrais, enfin, mettre l’accent sur la responsabilité des médecins. Les malades dans ces deux pays ne sont pas les seuls à être encadrés. L’exercice de la médecine l’est également. Ô combien en Angleterre, où les médecins généralistes doivent gérer, à l’intérieur d’une enveloppe définie et non extensible, les soins d’une population donnée. Ce sont bien les médecins de terrain, (plus exactement les « groupes de médecine primaire ») qui sont véritablement, chacun d’entre eux, responsabilisés et responsables. En Allemagne, où la médecine est considérée comme libérale, l’installation des praticiens n’est pas libre. Ils ne peuvent pas s’installer là où ils le veulent ni quand ils le veulent. Ce qui évite la surpopulation médicale dans certains endroits et la sous population dans d’autres ; ce que nous connaissons ici (2).

Quelle conclusion tirer de cela ? Dans la réforme en cours de l’assurance maladie obligatoire, on a peu vu d’efforts demandés au corps médical. L’avenir de notre système de santé se joue à trois (voire à quatre si l’on compte l’Etat), les financeurs, les malades et les professionnels de santé. A ces derniers, il serait temps de demander de participer à cette sauvegarde (car il s’agit bien de sauvegarde). Leur premier devoir est, certes, de soigner mais il est aussi de préserver notre système. Sinon, les malades seront les premières victimes ; les professionnels ne tarderont pas à les suivre, faute de financement.



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