Pour un autre regard sur la richesse.

Publié le 24 janvier 2005 en accès
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Riche Terre ??

Aujourd’hui dans le monde, 33 000 enfants meurent chaque jour de maladie ou de malnutrition. Pourtant, les chiffres du PNUD (Programme des Nations-Unies pour le Développement) sont éloquents : Il faudrait environ 50 milliards de dollars de plus par an pour éradiquer la faim, permettre l’accès à l’eau potable et à l’éducation de base pour tous, combattre les grandes épidémies… alors que l’on dépense 10 fois plus pour la publicité…
Dans le monde, 2,8 milliards de personnes vivent avec moins de 2 dollars par jour. A coté de cela, les 7 plus grosses fortunes possèdent ensemble plus que le PIB total des 49 pays les "moins avancés’’, soit 650 millions d’individus.
Notre environnement est lui aussi menacé : selon la FAO, plus de 100 000 tonnes de déchets chimiques toxiques, dérivés de pesticides inutilisés ou périmés sont laissés à l’abandon. Ils représentent une menace durable et de plus en plus sérieuse pour les populations et l’environnement en Europe de l’Est, Afrique, Asie, Moyen-Orient et Amérique latine. Autre enjeu global, le réchauffement climatique actuel : si il est difficile de prévoir quelles en seront les conséquences exactes, il est désormais clair qu’il est le résultat des activités humaines.
En France, on produit aujourd’hui 60 % de richesses de plus qu’il y a vingt ans. Le Cac 40 a doublé, et le nombre de grandes fortunes n’a jamais été aussi élevé. Quoi qu’on en dise, l’économie se porte bien ! Ce n’est pas la crise pour tout le monde...
En France, 10% de la population (les plus riches) perçoit près d’un quart de l’ensemble des revenus, tandis qu’à l’autre extrémité, les 10% les moins riches n’en perçoivent que 3%. Cet écart se creuserait plus encore si l’on tenait compte du patrimoine détenu. Bénéficiaires du RMI, salariés pauvres et SDF semblent n’avoir jamais été si nombreux, et la précarité s’étend.

L’étau de la croissance.

Et ainsi, tous les 6 mois, tout le monde retient son souffle pour savoir quelles seront les perspectives de la Croissance pour le prochain semestre…. La Croissance serait la solution à tous ces problèmes, chômage, trou de la sécu, pauvreté….

Mais cette croissance dont on nous bat les oreilles, c’est la croissance du PIB, le Produit Intérieur Brut, c’est-à-dire tout ce qui donne lieu à des échanges monétaires, ce qui s’achète et qui se vend. Et donc, à coté de la satisfaction de nos besoins les plus vitaux, la Croissance embarque pêle-mêle des activités comme les réparations de catastrophes écologiques, AZF ou naufrages de pétroliers , les ventes d’armes, les dépenses de publicité, la consommation de tranquillisants, la dépollution de l’eau pour la rendre potable. Tout est "bon" pour la Croissance, du moment que cela donne lieu à des flux monétaires.
Peu regardante sur ce qu’elle additionne, la Croissance oublie par contre toutes les activités humaines qui ne donnent pas lieu à des dépenses monétaires : entraide, vie associative, temps passé avec nos enfants et attention aux anciens, …

Alors finalement, c’est quoi la richesse d’une société ?

Souhaite-t-on une société où la principale boussole est celle du chiffre d’affaires, et où l’on accepte des inégalités de revenus de plus en plus criantes ?
Une société où les dégâts écologiques ne viennent jamais remettre en cause la logique de la course aux profits ?
Souhaite-t-on une société où les dépenses de santé sont très élevées ou une société dont les personnes sont en bonne santé ?
Souhaite-t-on une société où les loisirs ne sont "bons" que si ils entraînent des dépenses, ou choisit-on la douceur de vivre ?
Et ainsi de suite...

Le PIB et la Croissance sont bien loin de mesurer l’amélioration du bien-être d’une société et du "bien-vivre" des individus. Ce ne serait pas si grave si cet indicateur se cantonnait à ce qu’il est, un regard sur les activités économiques. Mais son omniprésence dans les esprits en fait le raisonnement principal, affecte notre quotidien, empêche d’autres regards …

La santé par exemple n’est abordée que comme une dépense, alors qu’elle devrait être traitée en termes d’investissement sur l’être humain. Mais la prévention est moins productrice de "croissance" que la réparation… Et les dégâts de la pollution ou du stress au travail sur la santé, par exemple, ne sont jamais comptabilisés en négatif dans le chiffre d’affaire des entreprises…. oubliant que ce sont les humains et les conditions écologiques qui constituent les conditions de toute activité.

Il est possible de changer les règles du jeu.

Construire de nouvelles boussoles, centrées sur l’être plus que sur l’avoir, se préoccupant certes du pouvoir d’achat, mais aussi de l’espérance de vie, de l’accès au savoir, à la santé…de la possibilité de se réaliser pleinement. Des boussoles où ce qui compte, c’est chaque être humain. Une économie au service de l’humain et non l’inverse.
(Un seul exemple, mais il en existe bien d’autres, l’indicateur de développement humain (IDH), proposé par le PNUD - et s’inspirant des travaux du prix Nobel d’économie Amartya Sen - considère trois critères essentiels : l’espérance de vie, le niveau d’instruction et le revenu.)

Il est urgent de changer notre regard sur ce qui fait la richesse d’une société.

Reprendre pouvoir sur nos propres vies, sur ce qui fait valeur pour nous. Se construire, personnellement, collectivement, sur une vision du monde ancrée sur l’humain, où chaque personne a sa place. Et le faire avec tous ceux qui sont les plus touchés par cette dérive de notre société.

On veut du neuf !

Si, pour vous aussi, ce qui compte n’est pas forcément ce qu’on compte, il faut que ça bouge…

Marquez le coup, signez cet appel.

Entrez dans la dynamique :

Faites circuler l’appel, suscitez le débat…
Reconsidérez, là où vous êtes, vous travaillez, vous vivez, votre regard sur la richesse, l’apport en richesse des uns et des autres…

Rejoignez le collectif : avec vos réflexions, questions, actions.
Participez aux dynamiques en cours sur les thèmes qui vous intéressent, proposez des chantiers de travail :

Quels indicateurs pour quelles richesses ? Face au constat d’une cruelle absence de repères formalisés pour prendre en compte, dans le territoire, des richesses produites à travers des services et des actions menées au plan local et dans une optique de développement humain et d’économie solidaire.
"Reconsidérer la monnaie" : redonner à la monnaie sa principale fonction de facilitation des échanges et de l’activité entre les êtres humains, la construire comme un moyen et non pas comme une fin, en cohérence avec les enjeux écologiques et sociaux.

D’autres chantiers démarrent, comme autour de la thématique "Croissance, décroissance", ou de "Campagnes civiques" dans le droit fil du droit d’initiative civique que nous revendiquons.

D’autres encore sont à proposer….

Pour signer l’appel : http://www.caracoleando.org/article75.html
(nom, prénom, localité ou région) ou (association ou organisme),



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