Les responsables associatifs face au service civique


Tout le monde parle aujourd’hui du service civique et des jeunes concernés. Mais sait-on que 84% des volontaires sont aujourd’hui accueillis dans les associations, et beaucoup en appellent à elles pour développer le volontariat.

S’interroge-t-on sur leurs capacités d’accueil, sur leurs attentes ?

C’est un sujet que nous avons suivi, de loin en loin, et il nous a semblé utile de grouper ici les enseignements issus des enquêtes menées directement auprès des responsables associatifs.

Dès les premières années qui ont suivi l’entrée en vigueur du service civique et bien avant qu’on évoque ici ou là sa généralisation, les dirigeants avaient conscience de l’intérêt du dispositif pour susciter l’engagement des jeunes (66%), pour préparer les jeunes à l’entrée dans la vie active (49%), pour développer la citoyenneté (49%) et aussi pour renforcer les équipes dans les associations (46%). Le vivier est là, mais l’adhésion affichée s’accompagne de quelques appréhensions : complexité du dispositif et démarches préalables inaccessibles (19%), responsabilités et contraintes lourdes (21%), budget requis... Autant de réserves qui peuvent être levées avec une information claire, précise et largement diffusée. Certaines conditions méritent également d’être affichées pour que les volontaires et les associations tirent le meilleur parti de leurs expériences : une décision d’accueillir un volontaire partagée au sein de l’association, la présentation du projet associatif au jeune et son adhésion, une bon ne intégration dans l’équipe et un encadrement par une ou des personnes disposant de la disponibilité et des qualités requises, qu’elle soit salariée ou bénévole.

Les responsables associatifs sont donc tout à fait favorables, sous réserves de disposer des informations précises sur les conditions qui sont proposées, sous réserves de respecter leur projet associatif, et de réunir les conditions les plus favorables pour l’accueil d’un jeune. Cet enthousiasme ne va pas sans quelques craintes, qu’il faudra prendre en compte. Tout comme il faudra se méfier de certaines « fausses bonnes idées », notamment en pensant que les associations employeurs sont forcément concernées, et forcément les mieux placées pour cet accueil...

Ces quelques précautions prises, encore faut-il que l’on se donne les moyens de ces ambitions, et que la question du budget nécessaire pour élargir le service civique soit clairement posée. Plusieurs pistes ont été évoquées, dans un rapport remis récemment au ministre pour abonder les crédits publics (intervention de mécènes, recours à des dons...). Elles ne sont pas irrecevables, loin de là. Comme l’indique Roger Sue, parlant du service civique comme d’un « très bon investissement », « ce serait une bonne manière de se rassembler à nouveau autour de l’esprit du 11 janvier et de redire l’attachement aux valeurs de la République ». Il conclut ces résultats d’enquêtes en dépassant le prisme des capacités d’accueil des associations pour l’ouvrir à celui du volontarisme politique, rappelant tous les enjeux d’un véritable « service civique universel ».

Service civique et responsables associatifs Fev 2014


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