Qu’est-ce que le web 2.0 ?

Publié le 6 décembre 2006 en accès
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« Web 2.0 », un mot que vous entendez régulièrement depuis quelques temps. Un terme à la mode, controversé, aux définitions assez floues et recouvrant de multiples dimensions. Pourtant, il renvoie à des évolutions majeures du web. Services et informations composites et multi-accès, centrage autour de la personne, redéfinition du rôle de l’internaute, intervention des utilisateurs dans la production de valeurs, voilà en quelques mots ce que nous promet le concept…

Mais qu’est-ce que le web 2.0 exactement ? Qu’est-ce qui le différencie du web 1.0 ?
Quelles influences peut-il avoir sur vos interactions professionnelles et personnelles ?

Ce mois-ci, insite vous propose de s’attarder sur le sujet.

A l’origine du terme, Tim O’Reilly, le fondateur de la société d’édition américaine O’Reilly Media dont l’activité principale est la publication de livres concernant l’informatique. Dans son article fondateur, servant toujours de référence (What is web 2.0), il redéfinit l’Internet non plus comme un média (où les sites sont autant d’îlots d’informations isolées), mais comme une plate-forme : un socle d’échanges entre les utilisateurs, les services ou les applications en ligne.

Il s’agit bien de l’Internet que nous connaissons tous, mais auquel on aurait rajouté une dimension collaborative, où un certain nombre de concepts novateurs (réseaux sociaux, blogs, wiki, tags, …) viendraient progressivement enrichir des services existants pour former un tout, dans une logique d’intelligence collective et d’évolution permanente.

Nous pourrions dire que l’expression polysémique web 2.0 renvoie à deux grands types de définitions :

- La définition la plus médiatisée concerne la nature des sites web qui sont produits : les sites web 2.0 sont des sites dont le fonctionnement est fondé sur la participation d’un grand nombre d’internautes.
Là où le web 1.0 plaçait l’internaute en temps que récepteur d’informations et simple utilisateur de services, le web 2.0 redéfinit son rôle en lui proposant d’être également acteur d’Internet et producteur d’informations.
Sur certains sites (comme www.myspace.com par exemple), chaque internaute inscrit peut disposer d’un espace personnel, d’outils numériques automatisés faciles à utiliser, et donc créer un profil qui affiche ses envies et intérêts. Des réseaux d’échange se constituent ainsi autour des intérêts ou des envies partagés (certains parlent de formations de « communautés »). Pour décrire ce genre de sites qui suscitent les échanges et les rencontres, les analystes parlent de « médias sociaux ».

- La seconde définition du web 2.0 renvoie aux outils qui sont utilisés par les développeurs pour créer de tels sites. De même qu’aux outils qui sont mis à disposition des internautes pour qu’ils créent eux-mêmes leurs propres univers cybermédiatiques.
Nous pouvons par exemple citer l’exemple des blogs, auxquels la lettre d’information insite de mai 2005 était consacrée. Le nombre de blogs en constante augmentation (création d’un blog toutes les 15 secondes en moyenne) illustre parfaitement la tendance du web 2.0.
Ce phénomène nous montre à quel point les internautes ont soif de parole, de participation et de reconnaissance.
Citons également l’exemple des outils collaboratifs wiki, qui connaissent une forte croissance (voir la lettre d’information insite de juin 2006). Pour rappel, les wiki permettent à des internautes amateurs d’intervenir directement dans le processus de création de pages web. La manifestation la plus connue d’usage de ce type d’outils est le site Wikipedia : la première encyclopédie en ligne construite essentiellement par des contributions de milliers d’amateurs dans un processus d’auto-organisation.

Bien sûr, le principe des pages personnelles n’est pas nouveau, mais les récentes évolutions technologiques et ergonomiques des outils mis à la disposition des utilisateurs ont permis une adoption beaucoup plus large et surtout une circulation de l’information beaucoup plus fluide, par exemple à l’aide des mécanismes de syndication et des flux RSS (ces systèmes de syndication de contenus qui modifient grandement les habitudes de navigation sur le web et de lecture des sites Internet - voir la lettre d’information insite de janvier 2005).

Les réseaux sociaux semblent être les pivots du web 2.0, l’avenir du réseautage professionnel. Des services qui vous proposent de créer une fiche d’identité en ligne vous permettant de trouver des contacts et de construire un réseau de relations en quelques clics. A l’heure où nos messageries sont régulièrement attaquées par les spams, les réseaux sociaux seraient bientôt notre seule protection efficace contre les tentatives d’intrusion...

Mais la collaboration entre utilisateurs peut prendre d’autres formes. Citons par exemple « Del.icio.us », un service emblématique du web 2.0 (voir la lettre d’information insite de février 2006). Il s’agit d’un système de gestion de liens, de classification, basé sur des mots-clés collectifs (ou tags). Ce sont les utilisateurs qui organisent leur contenu (musique, photos, liste de liens,…) en y appliquant un ou plusieurs tags. Ces tags sont ensuite mis en commun et les plus pertinents ressortent statistiquement du lot. Il s’agit en quelque sorte d’une forme de classement empirique qui repose sur l’appréciation de chacun. Les tags devenant ainsi l’outil d’une organisation émergente. Ainsi, l’innovation réside dans le fait que tout un chacun a la possibilité de se construire son propre dictionnaire, et d’y contribuer. L’innovation n’est pas dans l’information, mais dans la plate-forme qui permet l’émergence, ce qui facilite fortement le tissage de liens communautaires.

D’autres technologies ou services comme le podcasting (la possibilité de constituer votre radio avec vos programmes préférés et de les écouter où vous voulez, quand vous le voulez - voir la lettre d’information insite de septembre 2006) ; les moteurs de recherche personnalisables ; le développement des services en ligne ; etc, dessinent le web 2.0 et offrent un contexte riche de nouvelles opportunités d’usages.

Il est essentiel de préciser que les technologies utilisées dans le cadre du web 2.0 sont accessibles au plus grand nombre. Nul besoin d’être expert en technologies web pour proposer un article sur un site en SPIP, utiliser del.icio.us, ou animer un blog… Le web 2.0 n’est pas une révolution technique accessible aux seuls développeurs, il repose sur des outils simples d’utilisation centrés sur l’utilisateur. Un utilisateur en réseau, relié aux communautés qui sont les siennes.

Ainsi, entre le web 1.0 et le web 2.0, nous ne pouvons pas parler de véritable « révolution », mais plutôt d’un développement logique, d’une évolution accélérée d’Internet et de la Toile. Depuis la première vague de dissémination du web, de nombreux facteurs ont contribué à l’émergence du web 2.0 et aux nombreux services désormais disponibles (web radio (voir la lettre d’information insite d’avril 2005), télévision par internet, vidéo à la demande,…). Citons le développement des réseaux haut débit, la démocratisation de l’ADSL, la diminution du coût des équipements, la diminution du coût de l’accès aux serveurs, la multiplication des logiciels qui sont mis à la disposition des internautes, etc.
Tous ces éléments réunis ont permis de franchir une nouvelle étape dans la réalisation de l’utopie de l’accès aux savoirs universels des premiers inventeurs d’Internet. Avec le web 2.0, n’importe quel internaute peut dorénavant être visible à l’échelle de la planète...

En conclusion, s’il semble difficile de définir exactement ce qu’est le web 2.0, tant les dimensions en jeu sont multiples, nous pouvons néanmoins affirmer qu’il est résolument relationnel… Vous l’aurez compris, ce « nouveau web » comme certains le définissent repose aussi bien sur des évolutions techniques, qu’éditoriales, ou sociologiques. D’un côté, le web 2.0 est vu comme le basculement des techniques vers des services, de l’autre il représente un nouveau réseau d’interaction sociale. Dans les deux cas pourtant, il replace véritablement l’utilisateur et ses relations avec les autres, plutôt qu’avec des contenus ou des machines, au centre de l’Internet.

La promesse du web 2.0 est donc d’ouvrir une ère nouvelle où les utilisateurs sont à la fois contributeurs et bénéficiaires. Nous quittons l’ère de l’interaction bidirectionnelle (site web < > utilisateur) pour entrer dans celle de la collaboration et de l’intelligence collective. Un nouveau départ où une multitude de nouveaux usages et de nouvelles applications sont encore à trouver…

Insite conçoit et réalise depuis 2001 des sites internet/extranet dynamiques, dont le contenu est géré de manière autonome et collaborative par ses clients. Cette orientation correspond à notre volonté de valoriser les capacités de ces outils à dynamiser le travail d’équipe, l’échange, la mutualisation des savoirs et compétences. Ces orientations sont au cœur de l’évolution de l’internet depuis quelques années, et trouvent aujourd’hui de nouveaux modes d’expression via les forums et billets, les abonnements et fils RSS, la syndication de contenus et de liens ou favoris web, ou encore le partage de contenus (notamment en langue des signes avec Websourd).
Cette approche de la gestion des informations et connaissances, publiquement ou au sein d’un réseau professionnel, trouve également ses fondements dans le modèle Open Source, qui permet qu’un logiciel libre soit consultable, approprié, amélioré et adapté par chacun afin de répondre au mieux à ses besoins réels.

Nous sommes cependant attentifs aux bouleversements dans les rapports professionnels et les organisations que ces outils impliquent. Il ne s’agit donc pas d’imposer une palette de fonctionnalités nouvelles, séduisantes car techniquement innovantes, mais au contraire de pouvoir aller puiser dans ces ressources de plus en plus nombreuses et souples pour apporter des réponses adaptées au contexte de travail de chacun.

N’hésitez pas à nous contacter pour obtenir plus de renseignements sur ces sujets.

Sources et documentations :

- Définition de web 2.0 sur Wikipédia (http://fr.wikipedia.org/wiki/Web_2.0)
- L’article fondateur de Tim O’Reilly « What is web 2.0 » (version française) (http://web2rules.blogspot.com/2006/01/what-is-web-20-par-tim-oreilly-version.html)
- Entrevue avec M. Serge Proulx (sociologue, professeur au Département des communications à l’Université du Québec (UQAM)) - Questions de Corinne Fréchette-Lessard (www.a-brest.net/article2883.html) (octobre 2006)
- Article de M. Frédéric Cavazza, « Web 2.0 : la révolution par les usages », sur JDN Solutions (http://solutions.journaldunet.com) (décembre 2005)
- Article de M. Pierre Mounier publié dans la partie Blog de son site Homo-numéricus (www.homo-numericus.net) (septembre 2005)
- Article de M. Hubert Guillaud, « Qu’est-ce que le web 2.0 ? », sur Internet Actu (www.internetactu.net/?p=6144) (septembre 2005)
- Article de M. Frédéric Cavazza, « Web 2.0 : une première définition ? » (www.fredcavazza.net/index.php?2005/08/24/808-web-20-une-premiere-definition) (août 2005).



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