L’explosion du podcasting

Publié le 4 octobre 2006 en accès
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"Podcasting"... voici un mot anglo-saxon que vous avez certainement déjà entendu, à la consonance un peu barbare, et que vous percevez peut-être comme un simple gadget inventé par le cybermonde... Or depuis un an et demi le podcasting explose véritablement. Même si seulement 20% des Français connaissent le terme, le mot est sur les lèvres de tous les dirigeants des grandes radios généralistes (France Info, France Culture, Inter, Europe 1, RTL).

Mais en quoi cela consiste-t-il exactement ?

Le mot anglais « podcasting » est un mot-valise qui vient de la contraction de « iPod », le baladeur numérique à succès d’Apple, et de « broadcasting » qui signifie diffusion.
D’ailleurs, ceux qui n’aiment pas la publicité explicite en faveur de l’iPod d’Apple préfèrent parler en anglais de « blogcasting », plus générique.

Le podcasting (ou « baladodiffusion » en français) est un procédé habituellement gratuit de diffusion de fichiers audio ou vidéo sur Internet que l’on nomme « podcasts » (ou « balados » en français).

Par l’entremise d’un abonnement aux flux RSS (Really Simple Syndication), le podcasting offre la possibilité de vous abonner gratuitement aux services audio et vidéo d’une radio et d’automatiser le téléchargement sur votre ordinateur des fichiers de vos émissions ou chroniques préférées. Ensuite, vous pouvez les transférer sur votre baladeur numérique (Clé USB, iPod, Archos ou autres).

Le podcasting, c’est donc la possibilité de constituer votre radio avec vos programmes préférés et de les écouter où vous voulez, quand vous le voulez !

Véritable technologie multimédia, le podcasting se différencie de la radiodiffusion et de la webdiffusion par la diffusion du son ou de la vidéo, non pas par un mécanisme centralisé qui enverrait un flux vers ses auditeurs (soit 1 à tous), mais par l’action des auditeurs qui vont chercher eux-mêmes les fichiers balados (tous à 1). Les auteurs des émissions publient des fichiers audio qui peuvent s’apparenter à une émission radio classique. C’est ensuite aux auditeurs que revient le rôle de créer « à la carte » leur propre programme, leur propre liste de lecture, par leurs différentes souscriptions.

Comment ça marche ?

Tout d’abord vous devez télécharger un logiciel de podcast, généralement gratuit :
- iTunes - www.apple.com/fr/itunes (gratuit, le plus utilisé à travers le monde)
- Winamp - www.winampfr.com/tutoriaux/podcast/index.php (gratuit, le player qui monte)
- Juice (iPodder) - http://juicereceiver.sourceforge.net/index.php (le lecteur historique)
- ou d’autres logiciels gratuits sur Framasoft - www.framasoft.net/rubrique393.html

Ensuite, vous installez le logiciel sur votre ordinateur.

Enfin, vous suivez les indications de votre logiciel et sélectionnez les programmes qui vous intéressent parmi les radios proposant des podcasts
(cf la liste : http://fr.wikipedia.org/wiki/Liste_de_radios_diffusant_des_balados).
Le téléchargement des programmes issus des multiples sources choisies est alors automatique.

Une petite révolution dans le paysage radiophonique

Lorsqu’en juin 2005 le géant Apple décide de doter sa plate-forme musicale (iTunes) d’émissions en podcast, les webradios que l’on trouvait auparavant en fouinant sur la Toile deviennent soudain facilement accessibles. Et l’’invention du logiciel miracle qui transforme les sons en fichiers MP3 a changé la vie des webradios. Condamnées à être écoutées face à un écran, elles prennent désormais une autre dimension...

De nombreuses stations se sont mises au podcasting. Arte Radio fut une des toutes premières à offrir des programmes sous ce mode. En février 2006, Radio France a lancé une grande campagne publicitaire au slogan choc : « Radio France, podcastez bien plus qu’une radio ! » Quelques mois plus tôt, Europe 1 inaugurait les premiers programmes en podcast de la chaîne. Curieusement, RTL, la pionnière des généralistes sur ce terrain (dès juin 2005), reste la plus réservée - pas de conférence de presse ou de marketing particulier.

En un an, la fréquentation du site d’Arte Radio a été multipliée par dix, et la petite radio compte aujourd’hui 70 000 abonnés... Des chiffres qui suivent une tendance plus générale : en 2006, un étudiant sur quatre dit avoir écouté la radio via Internet. Ajoutez à l’engouement pour cette écoute en ligne et à la carte le boom de la vente de lecteurs MP3 (4 millions en 2005), et vous obtenez les conditions propices pour une mini-révolution.

Une chose est sûre, les radios hertziennes, qui avaient déjà mis leur programme sur Internet, ne pouvaient rester insensibles, comme l’explique un article de Télérama datant de mars 2006 : « Le podcasting, c’est comme les radios libres des années 80, affirment en cœur Marc Gonnet, responsable marketing à Europe 1, et Hervé Lenoir, responsable du site. Un truc jeune, impertinent, il fallait que l’on y soit. » Même écho à Radio France : « L’avenir de la radio se joue dans l’adaptation à deux grandes tendances de notre époque : la mobilité et le zapping », résume Pascal Delannoy, à la tête du pôle multimédia. « Le podcasting permet de dire : écoutez ce que vous voulez, quand vous voulez, où vous voulez, comme vous voulez. » Une philosophie aux antipodes de l’identité même de la radio : un programme donné à heure fixe.

A terme, les radios généralistes, qui pour l’instant ne proposent qu’une simple copie de leurs programmes hertziens, envisagent même de fabriquer des podcasts originaux.

Mais malgré ce climat d’excitation et de surenchères au sein des rédactions, toutes s’accordent à dire que la radio hertzienne est loin d’être en voie de disparition et que les deux modes d’écoute vont cohabiter.

Précisons en outre que le système remet en question le modèle économique de la radio média de masse : avec ce mode d’écoute, surtout usité par une population jeune que traquent toutes les radios généralistes, c’est toute une géométrie qu’il faut réviser. A commencer par la publicité, traditionnellement intercalée au milieu des programmes radio. Délicat de la garder telle quelle dans une émission podcast.

De même, apparaît un nouveau casse-tête pour Médiamétrie : la notion d’audience a-t-elle toujours un sens lorsque l’auditeur a la possibilité de « fabriquer » sa radio, d’écouter les émissions de son choix quand il veut et où il veut ?

Autant de réflexions en suspens...
En attendant, le podcasting a été élu « mot de l’année » aux Etats-Unis...



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