La fin de la trêve ou le retour des angoisses

Publié le 28 mars 2014 en accès
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La fin de la trêve sonne le temps des épreuves et des angoisses pour bien des familles. Déjà confrontées à la sévérité de la vie, elles se retrouvent avec la menace de l’expulsion et les risques de nouvelles et définitives ruptures.

Trop de foyers, pour ne disposer que « d’un reste pour vivre » inférieur à 60 € mensuels sont dans l’impossibilité de payer pleinement leurs loyers et charges. Déjà éprouvés, épargnons-leurs ce jugement trop facile de la mauvaise foi alors que la cause procède d’un éclatement entre le coût du logement (loyer + charges) et leurs ressources.

Madame C vit avec ses deux enfants de 8 et 10 ans dans un logement social de 3 pièces. Son revenu est de 725 € pour un loyer et charges de 512 €. Après imputation de l’Aide Personnalisée au Logement (APL) elle dispose d’un « reste pour vivre » de 583 € mensuels, soit 6,47 €/jour et par personne.

Ne parvenant pas – comment le pourrait-elle - à payer totalement son loyer, l’APL supprimée, cette famille monoparentale quitte la précarité pour entrer dans l’abîme de la misère, le Tribunal prononçant son expulsion du logement.

Notre responsabilité n’est-elle pas de veiller à ce que les plus pauvres ne basculent pas dans des situations deshumanisantes. Il en va d’une cohérence entre agir et croire, comme d’une attention aux valeurs républicaines que le mal logement bafoue depuis trop longtemps.

La loi ALUR a prévu pour le parc social ces remises sur quittance, via le transfert des ‘suppléments de loyers de solidarité ‘ (SLS) créés par la loi du 4 mars 1996. Ces SLS, en 2012, représentaient 110 M€, selon l’Union Sociale de l’Habitat.

Il faut observer que la loi mentionne cette proposition sans l’imposer.

Le parc privé accueille bien des familles disposant de faibles ressources pour se retrouver confrontées au chômage, aux ruptures familiales ; 1/3 des familles monoparentales vit en deçà du seuil de pauvreté.

Que faire ?

J’ai créé le fonds de dotation « l’Humanisme à l’Epreuve de la Dépendance » (par abréviation HEDE) pour aider ces familles à se maintenir dans leur logement.

Ce dispositif est à la solidarité ce que la cordée est à l’alpiniste : la possibilité dans un passage difficile de trouver un soutien pour continuer la traversée ou éviter de sombrer.

Plus de 100 000 familles sont touchées par un risque d’expulsion avéré pour 1/5 d’entre elles.

Il conviendrait que dans les prochains mois 10 000 personnes acceptent d’apporter entre 30 et 100 € mensuels pour aider plus de 1000 familles en grande difficulté à la sortie de cette trêve en raison des causes énoncées.

Cette aide à laquelle l’Etat participe par un avantage fiscal est à la portée de beaucoup ; ne la repoussons pas.



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