L’opinion des responsables associatifs

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Le Centre d’étude et de recherche sur la Philanthropie a réalisé, d’avril à juin 2006, une
enquête nationale inédite auprès des responsables associatifs. Il s’agit d’un véritable observatoire
conçu comme un outil permanent au service des acteurs et des interlocuteurs du monde associatif,
destiné à recueillir directement et régulièrement l’opinion des responsables élus des associations de
tous secteurs, de toutes tailles et de toutes régions.

Cette démarche a été engagée avec toutes les garanties de rigueur - un comité scientifique1 a
été étroitement associé à toutes ses phases - et en toute indépendance grâce au soutien logistique
précieux de la MAIF, des équipes du secteur non marchand de KPMG, du groupe des Caisses
d’épargne, du portail Internet jeveuxaider.com, et de l’association nationale France Bénévolat.

Les premiers résultats sont présentés en cette rentrée associative et concernent la perception
de leurs missions par les responsables associatifs, leur avis sur les moyens financiers et matériels
dont ils disposent, et leur moral pour l’année qui commence. Ces résultats ne manqueront pas de
surprendre car ils vont clairement à l’encontre de la morosité ambiante. La tonalité générale est
clairement optimiste, volontaire ; rien d’étonnant de la part d’acteurs courageux, déterminés et
efficaces de la société civile. Pour autant, et c’est d’autant plus crédible, les responsables pointent
quelques difficultés réelles qui méritent d’être prises au sérieux dans les mois qui viennent.

Comment ces responsables vivent-ils leurs missions ?

.. Pour plus de 40% des responsables, les missions des associations sont aujourd’hui
plus nombreuses qu’au cours des années antérieures.

.. Pour les deux tiers (65%) des responsables, elles sont plus difficiles qu’auparavant.

.. Pour autant, ils expriment très majoritairement (65%) leurs capacités à les
assumer, sans réserves. Ils sont 25% à rencontrer quelques difficultés, et 9% de
sérieuses difficultés.

Avec deux tiers de réponses positives, et un très faible taux de non réponses, les responsables
estiment donc clairement que les associations qu’ils dirigent sont en mesure de remplir leurs
missions. Mais ils répondent de façon différente selon l’organisme dans lequel ils se trouvent :

.. Dans le domaine social, ils affirment clairement que les missions sont plus nombreuses
aujourd’hui (52%), mais pas forcément plus difficiles, et ils sont 66% à se dire en mesure de les
remplir sans réserves.

1 Roger SUE, sociologue et Professeur à l’université Paris V, ancien directeur des études sociologiques de la SOFRES,
Ludovic SUBRAN, économiste - statisticien à l’INSEE, enseignant à l’ENSAE, Dominique THIERRY, vice-
président et conseiller scientifique de France Bénévolat, Daniel RAULT, expert auprès de la DIES, Jacques MALET,
directeur scientifique du CerPhi. Une quinzaine d’experts ont également été sollicités sur le choix des questions.

. Dans le secteur de la culture, ils n’affichent pas une plus grande préoccupation que les autres,
quant au nombre et quant à la difficulté des missions, mais ils sont plus réservés quant à leur
capacité à les remplir (61%).

.. Dans le sport, on insiste tout particulièrement sur la difficulté nouvelle des missions (78%), mais
on exprime une grande sérénité pour les remplir (68%).

.. Ce sont les responsables agissant dans le secteur des loisirs qui sont les moins préoccupés par
l’évolution de leurs missions et qui affichent la plus grande sérénité pour les remplir sans réserves
(69%).

. Les responsables des grandes associations affichent la plus grande préoccupation quant au
nombre et à la difficulté des missions qui leur sont confiées, mais ils n’ont pas plus de doutes que
leurs collègues pour les remplir. Dans le milieu rural, ce n’est pas le nombre des missions, mais leur
difficulté qui préoccupe les responsables. Ils n’affichent pas pour autant de craintes particulières
pour les mener à bien. En revanche, en milieu très urbanisé, les responsables sont à la fois
préoccupés par l’accélération des sollicitations dont ils sont l’objet, et par des craintes de ne pas
pourvoir y faire face (59%).

L’inévitable question des moyens

.. Un responsable sur deux dispose de moyens financiers suffisants. Pour 36%, ils sont
insuffisants, et pour 14% ils sont très insuffisants.

C’est un peu une surprise, dans la mesure où les réponses se répartissent en deux moitiés
équilibrées. Les responsables n’ont pas sombré dans la morosité ambiante et ont manifestement
répondu sans chercher à assombrir la réalité.2 Pour autant, et ce constat est d’autant plus crédible,
un responsable sur sept affiche de réelles préoccupations.

Notons que la proportion des responsables estimant ne pas pouvoir remplir leurs missions (9%) est
nettement inférieure à la proportion de ceux qui indiquent ne pas disposer de moyens financiers
suffisants (14%). Comme quoi, nombre d’entre eux décident de faire face avec « les moyens du
bord », et réussissent.

. D’une façon significative, et certainement en lien avec le nombre accru des missions signalé plus
haut, le domaine social présente la plus forte proportion de responsables soucieux (60% contre 50%
en moyenne).

. Les responsables des plus grandes associations se montrent plus préoccupés quant aux moyens
financiers (57% de réponses négatives). Ce sont ici les responsables des associations moyennes, qui
paraissent les plus confiants, avec seulement 44% de réponses négatives.

. En termes d’ancienneté, c’est pour les responsables des associations les plus récentes que la
situation semble la moins confortable, avec un taux de réponses positives qui plafonne à 40% pour
celles qui ont été créées entre 2001 et 2003, et même à 30% pour celles qui sont nées depuis 2004.

2 De ce point de vue, les trésoriers, orfèvres en la matière, sont 62% à estimer qu’ils disposent de moyens financiers
suffisants pendant que, sans doute par prudence, les présidents sont 45%.

.. Deux tiers des responsables (66%) considèrent que leurs moyens matériels sont
adaptés aux besoins. Ils sont tout de même 12% à les trouver très inadaptés.

.. C’est dans le domaine du sport que l’on affiche la plus grande satisfaction (70% de réponses
positives contre 66% en moyenne). A l’opposé, on trouve les responsables d’associations
culturelles, avec seulement 58% de réponses positives.

.. Plus l’association est grande et plus son responsable affiche une nette satisfaction quant aux
moyens matériels dont dispose son organisme. Elle est même considérable pour les plus grands
organismes, dont le budget annuel est supérieur à 75.000 euros (77% de satisfaits).

.. Ce sont les associations implantées dans les villes moyennes de 10.000 à 100.000 habitants qui
semblent disposer des moyens les plus adaptés à leur fonctionnement et à leurs actions (74% de
réponses positives).

Le moral des responsables et leur degré d’optimisme pour la rentrée

Deux questions étaient posées, de manière à mesurer l’optimisme ou le pessimisme des dirigeants
d’associations : « Pour l’année 2006-2007 à venir, estimez-vous que votre association sera en
mesure de répondre à toutes les demandes d’adhésions exprimées ? » et « Pour l’année 2006-2007
à venir, estimez-vous que votre association pourra offrir une qualité de prestations conforme à son
objet et aux attentes ? »

.. Pas de difficultés prévues pour l’accueil des adhérents à la rentrée, avec une forte
proportion de 64% de responsables très optimistes, 20% de responsables assez
confiants, et une très faible proportion de dirigeants carrément pessimistes (3%).

. On observe quelques incertitudes dans le domaine social et surtout 6% de non réponses,
explicables dans la mesure où ce sont avant tout des « bénéficiaires » que les associations prennent
en charge et que leur nombre tend à croître.

. Les associations de taille moyenne (budget de 10.000 à 75.000 €) comptent la plus forte
proportion de responsables optimistes.

.. Pronostic d’un haut niveau d’accueil de prestations à la rentrée, avec 39% de
responsables très confiants, 40% de responsables à peu près confiants, et seulement
4% de pessimistes.

. Ce point de vue est partagé par tous les secteurs. Comme pour la question précédente, les
associations moyennes paraissent un peu mieux armées pour assurer un bon accueil et des
prestations conformes à l’attente des adhérents.

.

Les résultats complets seront disponibles sur le site du CerPhi (www.cerphi.org) à compter
du 5 septembre prochain. Ils comportent une approche régionale correspondant à sept grandes
régions, et des différences significatives dans les réponses des responsables, selon que l’on se situe
au nord ou au sud, à l’est ou à l’ouest, ou encore en Ile-de-France ou dans le centre de la France.
Les résultats sont aussi distingués selon que les associations appartiennent ou non à une fédération,
selon qu’elles développent une activité annuelle ou saisonnière.

Le CerPhi publiera au mois de décembre prochain les résultats relatifs aux questions qui ont
porté sur le bénévolat, d’une part, et sur la place, le rôle et la reconnaissance des associations
dans la société d’aujourd’hui, d’autre part.

« Connaître le milieu associatif, c’est aussi et sans doute d’abord savoir ce que ce milieu
pense de lui-même, de sa situation, des conditions de son action, de son évolution... Tel est
justement l’objet de ce lancement d’enquêtes périodiques sur l’opinion des responsables
d’associations (ORA), sorte de baromètre du climat associatif. La démarche est inédite et il faut ici
saluer l’heureuse initiative du CerPhi et tout ceux qui ont contribué à la réalisation d’un projet
ambitieux et promis à un bel avenir, si l’on en croit les toutes premières réactions. »

Roger SUE, sociologue, professeur à l’université Paris V,
Membre du comité scientifique de l’ORA

.

.. Echantillon et méthodologie :

Cette enquête a été réalisée par le CerPhi dans le respect des principes scientifiques et
déontologiques des enquêtes par sondage.

Interrogation par questionnaire en ligne auto administré de 1236 responsables d’associations,
membres d’un bureau (60 % de présidents, 20 % de vice présidents, trésoriers ou secrétaires, 20 %
d’autres membres de bureau).

La représentativité de l’échantillon a été assurée par la méthode des quotas : taille des
associations3 croisée par l’objet, la région, l’ancienneté, la taille de l’agglomération, l’activité
annuelle, saisonnière ou ponctuelle, l’appartenance de l’association à une fédération ou non.

L’enquête s’est déroulée du 7 avril au 23 juin 2006. Le questionnaire, la méthodologie et les
résultats complets sont accessibles sur www.cerphi.org

3 Vérifiée par le budget, par le nombre de bénévoles réguliers, par le nombre d’adhérents et par le nombre de salariés, le
cas échéant.



1 Message

  • Merci mille fois pour votre aide dans cette démarche innovante. Merci aussi de lui donner cet écho sur votre site.
    Ensemble, nous faisons ainsi mieux connaà®tre et mieux reconnaà®tre ce milieu associatif si riche et si utile.
    Bien cordialement.
    Jacques Malet, directeur scientifique du CerPhi.

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