Employeurs de l’E.S.S. résolument sociaux et solidaires


Les membres et partenaires du GOEES, réunis en Assemblée générale ce jour, 7 décembre 2017, réaffirment leur engagement pour une ESS émancipatrice et leur opposition aux ordonnances Macron-Pénicaud.

En effet, ces dernières représentent pour nous un recul social ; elles remettent en cause le modèle issu du programme du CNR qui a porté la France au 5ème rang économique mondial.

De plus, les ordonnances amplifient une politique libérale qui depuis plusieurs années a démontré son inefficacité à résoudre les maux de notre société ; sa seule réussite, et c’était son objectif, a permis de gonfler les profits des entreprises, notamment celles du CAC 40, et rendre les riches toujours plus riches.

Parce que nous sommes employeurs de l’ESS, parce que nous voulons donner un tour concret à l’ « entreprendre autrement » dont l’ESS se réclame, nous ne nous satisferons jamais d’une telle politique.

Notre objectif est de lutter au maintien et au respect des équilibres entre efficacité sociale et efficacité économique au sein de nos entreprises (CE, mutuelles, coopératives, associations…).

Dégager des marges dans la gestion pour assurer la pérennité de nos entreprises, et donc permettre le maintien voire le développement de l’emploi, c’est un objectif autre que la recherche du profit à tout prix et à court terme.

Sans qu’il y ait lieu à rémunération d’actionnaires, c’est l’objet collectif, social et solidaire qui est notre boussole, notre ADN.

Au-delà de cette question de fond, trois aspects des ordonnances sont en l’état d’un caractère antisocial prononcé à savoir :
- Le premier est la mise en place du « conseil social et économique » qui donne la possibilité aux employeurs de réduire les moyens d’actions des salariés au sein des entreprises. Cette disposition aura en outre, si elle est appliquée, des répercutions directes pour les salariés et leurs familles en diminuant les moyens des activités sociales et culturelles avec des répercutions sur l’ensemble de l’ESS (c’est par exemple moins d’investissement dans le départ en vacances et donc un manque à gagner pour les associations du TSS).​
- Le deuxième concerne la disparition programmée des CHSCT. Pour notre part, nous avons toujours revendiqué un véritable dialogue avec les salariés à travers leurs IRP, le CHSCT était pour nous un lieu privilégier pour travailler à la prévention des risques tant sur la maladie que sur les accidents de travail. Supprimer cette instance, c’est aggraver la situation des salariés, c’est augmenter les risques d’accident du travail, de maladie professionnelle. C’est mauvais pour l’entreprise, mauvais pour la sécurité sociale, mauvais pour les mutuelles et instituts de prévoyance. Seul un patronat antisocial peu se satisfaire de cette situation.
- Le troisième, en supprimant le monopole des organisations syndicales dans la négociation collective, nous prive en tant qu’employeurs de véritables interlocuteurs représentant réellement les salariés, elle ouvre la porte à toutes les manipulations. C’est en fait une mesure anti-démocratique.

Nous appelons les entreprises conscientes de l’ESS à combattre ce recul social et démocratique. Pour notre part nous continuerons au sein de nos entreprises à développer le dialogue avec les salariés et leurs organisations syndicales, à instaurer les rapports sociaux cohérents avec nos engagements et nos valeurs.

Nous serons pour ce qui nous concerne solidaires des salariés qui luttent pour le maintien des « conquis » comme disait Ambroise Croizat et même pour des droits nouveaux car nous considérons que la réponse aux revendications légitimes du monde du travail, loin d’être un obstacle au progrès économique et social, en constitue un moteur. L’histoire, nous l’a démontré constamment.

La casse des garanties collectives s’accompagne toujours d’une régression sociétale, c’est pourquoi l’ESS dans cette période doit affirmer haut et fort son attachement à des valeurs de solidarité répondant aux besoins de toutes et tous, pour une société de justice sociale et de dialogue permanent.

Etre à l’écoute, porteurs d’innovations pour une transformation en profondeur de notre société, sur ces objectifs nos adhérents répondent présents.

Pour sa part le GOEES travaillera avec constance au rassemblement de l’ensemble des acteurs de l’ESS ayant en partage la volonté d’une profonde transformation sociale. Ce travail il l’a engagé en prenant toute sa part dans la création des « Rencontres de la Plaine » qui veulent animer le débat sur nos valeurs et nos engagements communs notamment autour des questions fondamentales du travail, de l’emploi et de la protection sociale dans la société solidaire que nous voulons.

Par Jean-Claude TUFFERI et Jean-Philippe MILESY,
Adoptée par l’Assemblée Générale du 7 décembre 2017



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