Dans quelle société voulons-nous vivre ?


Le Premier ministre a engagé le 9 novembre (il y a 6 mois !), une concertation afin de « préciser une ambition nouvelle au service de la vie associative, pour une société de l’engagement ». Sur cette base il a demandé aux associations de faire très rapidement des propositions avant fin février 2018. Le Collectif des Associations Citoyennes a participé activement à cette concertation et a fait des propositions, en soulignant que la question principale est celle des subventions publiques aux associations qui réalisent des actions au service du bien commun et de l’intérêt général, de façon non lucrative, participative et désintéressée.

Cependant, la question associative ne semble plus une question prioritaire pour le gouvernement. Les délais s’allongent de façon démesurée. Le rapport élaboré par le Mouvement Associatif, pour récapituler toutes les propositions qui ont été faites, attend le feu vert du Premier ministre pour être rendu public. Celui-ci n’a fixé aucune date pour apporter une réponse à ces propositions.
Pendant ce temps, la dégradation du tissu associatif s’accélère. Des associations disparaissent, des services ne sont plus rendus, 100 000 emplois ont été perdus par les associations au cours des 12 derniers mois, constituant le principal facteur d’aggravation du chômage selon l’INSEE. Le gouvernement compte sur sa puissance de communication pour passer en force et détruire tout ce qui fait obstacle à la liberté des affaires.

Cette politique ne se limite pas en effet aux associations : politique d’austérité, destruction des services publics, réforme fiscale favorable aux plus riches, casse du code du travail, remise en cause de la protection sociale, restriction des droits et libertés, chasse aux migrants, etc. Le discours est toujours le même : il n’y a plus d’argent dans les caisses, « l’État n’est pas le Père Noël » (réponse à nos propositions pendant la concertation). Pourtant, il n’a jamais accordé autant de subventions : l’ensemble des mesures fiscales et sociales en faveur des entreprises et des plus fortunés représente 66 milliards d’euros (voir notre dossier), les profits explosent, mais ne sont pas redistribués. Mais partout les résistances se multiplient contre une déstructuration à marche forcée de la société française.

Notre volonté de construire une société plus juste, plus solidaire, plus démocratique, plus égalitaire, avec un partage effectif des richesses est partagée par les avocats, les cheminots, les urgentistes, les étudiants, les juristes, les apiculteurs, les maires ruraux, etc. C’est pourquoi le CAC a appelé les associations citoyennes à se joindre au mouvement commun de toutes celles et ceux qui luttent pour l’égalité, la justice sociale et la solidarité, en participant aux manifestations unitaires du samedi 26 mai ou en contribuant à cette journée sous tout autre forme qui paraîtra opportune (débat en interne avec les adhérents ou avec les usagers, manifestation symbolique, etc..). Ce qui est en jeu, c’est la nature même de la société dans laquelle nous voulons vivre.

Plus que jamais, l’avenir dépend de notre mobilisation.



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